Celui-là, je (ne) le sens pas et autres perceptions.
- Karine Marchandou

- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

Cette phrase, je l’ai entendue de nombreuses fois. Longtemps, elle m’a intriguée.
Quand j’étais très jeune, elle représentait pour moi un véritable mystère. J’étais fascinée par cette capacité qu’avaient certaines personnes à affirmer, avec tant de certitude, qu’elles savaient instinctivement ce qui était bon ou non pour elles. Cela me semblait presque surhumain, comme un don réservé à quelques-uns, hors de ma portée.
Puis, plus tard, les choses se sont compliquées. Un jour, j’ai osé exprimer ce que je percevais : j’ai dit à quelqu’un que ses paroles ne correspondaient pas à ce que je ressentais chez lui.
Ce fut totalement inaudible. Je me suis fait remettre sèchement à ma place.Après cet épisode, il m’a été difficile de faire confiance à mes ressentis, et encore plus à mes perceptions.
Le temps a passé.
Et j’ai appris.

La perception, chez moi, a toujours été active.
Alors j’ai eu le temps de l’observer, de l’affiner, de l’entraîner. Parfois, je parvenais à mettre des mots justes sur ce que vivait mon interlocuteur, car je percevais clairement — sous forme d’images ou de sensations — ce qui se jouait pour lui. D’autres fois, je ressentais directement l’état émotionnel dans lequel il se trouvait.Bien souvent, je gardais ces informations pour moi.
Puis j’ai appris à les développer consciemment. J’ai appris, notamment à travers l’enseignement de Yannick Vérité, à me placer dans l’état juste pour percevoir.

La dernière fois que j’ai entendu « celui-là, je ne le sens pas », cette phrase venait d’un chef d’entreprise à propos d’un nouveau client.
En réalité, ce qu’il exprimait, c’était l’insécurité qu’il ressentait face aux exigences de ce client, et son besoin de se protéger par peur d’être débordé ou pris en défaut.Finalement, ce client n’a jamais été une menace : il a payé sa commande, et ce qu’il demandait avant tout, c’était un travail parfaitement abouti, sans compromis sur la qualité.Ce « je ne le sens pas » était donc une projection de son ego, et non une perception juste.

Alors, comment être dans un véritable état de perception ? Dans quel espace intérieur se placer ? Et surtout, comment s’entraîner ?
Depuis plus de 10 ans maintenant la perception est devenu mon outil de travail et je sais à présent que lorsque la perception est juste, l’information arrive très rapidement. Elle est simple, claire, sans charge émotionnelle, et s’accompagne d’un état de calme et de sérénité.
La perception peut passer par différents canaux : le contact des mains, le questionnement, les images, les ressentis corporels.Cela demande d’apprendre à se connaître, à reconnaître son propre fonctionnement, à écouter les plus fines fluctuations intérieures, et à cultiver la confiance.
Car la perception fait partie des sens humains.
Elle n’est pas un privilège : chacun y a accès.





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